En ce début d’année 2026, l’intelligence artificielle n’est plus un gadget réservé aux early adopters du recrutement : elle s’inscrit au cœur des stratégies d’acquisition de talents, avec des effets mesurables et parfois surprenants.
Selon les tout derniers chiffres du Foundit Insights Tracker, l’activité de recrutement a progressé de 15 % en 2025 dans le monde, largement portée par l’intégration des solutions IA dans le processus d’embauche.
Si les chiffres ne sont pas encore sortis sur les volumes de recrutements en France pour 2025, on sait néanmoins que l’IA est devenu un outil central dans le quotidien des recruteurs : 79 % des recruteurs l’utilisent pour rédiger offres et trier candidatures, contre 69% au niveau mondial.
Malgré ça, tout laisse à penser que 2025 ne sera pas un grand cru dans le secteur, les intentions étant sensiblement plus timides que l’année précédente, notamment pour les emplois cadres.
Dernière nouveauté marquante : McKinsey & Company a intégré une composante IA directement dans son processus de recrutement des jeunes diplômés. Dans certaines étapes du processus, les candidats doivent collaborer avec un chatbot IA pour résoudre des cas professionnels, démontrant ainsi leur capacité à coopérer avec des outils intelligents et à raisonner de manière critique avec eux.
Ll’IA n’est plus seulement un filtre technique, mais devient un critère d’évaluation des compétences professionnelles, au même titre que le leadership ou l’esprit critique.
Et ailleurs sur le marché de l’emploi, l’impact de l’IA est clair : dans des secteurs comme la finance, la demande pour des compétences en intelligence artificielle et technologies associées a augmenté de +12 % en 2025, portant la part des postes tech au-dessus des secteurs traditionnels.
Les recruteurs affrontent un déséquilibre croissant entre besoins en talents spécialisés et pénurie de profils qualifiés, d’où l’importance d’utiliser des outils d’IA pour détecter, attirer puis retenir ces compétences rares.
Dans le même temps, les responsables acquisition de talents (TA) annoncent des plans d’investissement massif dans les technologies, avec deux tiers d’entre eux prévoyant d’augmenter leurs budgets Tech en 2026.
Dans ce contexte, de nouveaux acteurs émergent : certaines start-ups proposent des agents IA autonomes capables d’interagir avec des candidats par voix et texte, pour automatiser des parties du recrutement jugées répétitives et peu différenciantes.
Mais même dans ces cas, le discours reste le même : l’IA gère les tâches fastidieuses, les humains se concentrent sur la relation, le jugement et la culture.
Un autre signal fort de cette transformation : plus de la moitié des entreprises déclarent aujourd’hui avoir du mal à recruter des profils spécialisés en data et IA — ce qui pose un paradoxe fort : l’outil qui aide à recruter amplifie en même temps la compétition pour les talents qui développent l’outil.
La synthèse est claire :
➥ L’IA n’a jamais été aussi intégrée dans les processus de recrutement, avec des impacts mesurables sur le volume, la rapidité et la qualité des embauches.
➥ Elle est devenue un critère d’évaluation des candidats eux-mêmes dans certains secteurs de pointe.
➥ Les entreprises consacrent des budgets croissants pour faire de l’IA une infrastructure, pas un simple gadget.
➥ Mais même automatisée, la fonction reste fondamentalement humaine, notamment parce que ce sont les humains qui conçoivent, guident et corrigent les systèmes.