Dans le ciel embrumé par la crise sanitaire, l'horizon des emplois en 2022 s'annonce plutôt radieux. L’INSEE table sur 80 000 créations de postes seulement pour le premier semestre 2022 ! Et puisqu'une bonne nouvelle n’arrive jamais seule : le secteur qui va le plus recruter est celui des services à la personne.

Étrangement, d’après les pronostiques de l’INSEE, dans une étude publiée en début d’année, l’Île-de-France, plus importante région économique du pays est très distancée par la Nouvelle-Aquitaine en termes de création d'emplois (+1,9%), la Bretagne et le PACA (+ 1,7 % chacune), l’Occitanie (+ 1,4 %) et enfin l’Auvergne-Rhône-Alpes (+ 1,3 %). 

 

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Répartition des secteurs où l’on recrute le plus par région en 2022 : 

  1. Grand Est : Agriculture, tertiraire marchand et tertiaire non marchand
  2. Île-de-France : Construction BTP
  3. Occitanie (+ 1,4 %) : Agriculture 
  4. Bourgogne et Franche-Comté : Industrie, tertiraire marchand
  5. Bretagne (+ 1,7 %) : tertiraire marchand
  6. Centre-Val-de-Loire : tertiraire marchand
  7. Hauts-de-France : Industrie, tertiraire marchand
  8. Pays de la Loire
  9. Normandie
  10. PACA (+ 1,7 %) : Agriculture, tertiaire non marchand
  11. Auvergne Rhône Alpes (+ 1,3 %) : Construction BTP, tertiraire marchand
  12. Nouvelle Aquitaine (+1,9%) : dans le tertiraire marchand

 

Mais d'abord, faisons le point sur le marché de l'emploi en 2022

C'est une réalité, les métropoles et les zones où l’économie présentielle fonctionne le mieux sont celles qui vont le plus recruter sur les 10 prochaines années. Mais l'heure est à la transformation digitale de l'emploi instauré par de nouvelles habitudes de vie hybrides. Cela bouscule les codes du recrutement. 

Le recrutement sur les territoires dépend, cela dit, de nombreux facteurs socio-économiques et démographiques. Certains critères sont immuables d’une année sur l’autre, c’est le cas des régions littorales de l’Ouest et du Sud qui sont plus attractives pour les retraités.

En ayant pour conséquence d'augmenter la population effective chaque année, cela offre aussi des perspectives d’emploi favorables pour toutes les personnes actives, différemment des régions du Nord et de l’Est, selon l’étude “Quels emplois dans quels territoires en 2022” du gouvernement (stratégie-gouv). 

 

1. Grand Est 

En Zones rurales et dans les plus moyennes et petites villes, le risque de pertes d'emplois est plus important, notamment dans le secteur industriel. On parle de "métiers fragiles" pour qualifier les ouvriers car, à la marge, ce sont ceux que l'on recrute le moins. 

En Alsace, il y a par exemple une quantité déjà importante d’ouvriers de la mécanique et de la maintenance. 

2. Île-de-France

Les métropoles (notamment franciliennes) et les plus grandes aires urbaines bénéficient d'un développement constant et de création d’emplois de cadres en particulier. Aussi, la main-d'œuvre continue néanmoins de progresser.

La part des emplois territoriaux sera très largement influencée par la forte hausse des contrats d'apprentissage et en alternance attendus en 2022, poussés par les aides de l’État. 

Ils représentent 700.000 contrats d’embauche, employeurs privés et publics confondus, dont une grande partie ont été signés seulement sur le dernier trimestre 2021. Cependant, ces contrats ne sont pas pris en compte dans le calcul de l’effectif des entreprise comme les ETP (équivalents temps plein) et sous-représentent donc les statistiques du recrutement régional...

En 2022, on estime que le chargé de recrutement sera un poste très recherché dans la filière RH. Et la région qui en requiert le plus à l’aube de 2022 est l’Ile-de-France, suivie par l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Provence Alpes-Côte d’Azur, les Pays de la Loire et les Hauts-de-France.

L’Ile-de-France est également la région qui recherche le plus de chefs de projet informatique, ainsi que l’Auvergne-Rhône-Alpes, les Hauts-de-France, les Pays de la Loire et la Nouvelle-Aquitaine.

 

3. Occitanie 

Les besoins en recrutement sont toujours de plus en plus élevés en Occitanie chaque année, ce qui s'explique par une hausse de la population active, l'exode de la population francilienne par exemple depuis le début de la crise, et qui a pour conséquence +1,4% de création de postes. 

C’est notamment le secteur aéronautique, sous l’impulsion d’Airbus, qui est reparti cette année et annonce même une accélération importante de sa production pour 2023 et 2024.

4. Bourgogne Franche-Comté

La Bourgogne Franche-Comté recrute particulièrement dans les secteurs industriels et tertiaire marchand, des secteurs en lien avec l'activité locale, mais le besoin est stable par rapport à 2021.

 

5. Bretagne

Avec une part importante de création de nouveaux postes (+ 1,7%) la région bretonne est hautement pourvoyeuse d’emplois cette année. 

Il y a deux secteurs prédominants et très productifs dans la région : Le secteur agroalimentaire d’une part puisqu’il continue de dynamiser tout l’Ouest de la France, mais principalement porté par des groupes agro et nombreuses PME qui y sont implantées. Des entreprises qui se sont renforcées suite aux différents confinements. 

Et d’autre part, la logistique (terrain d’emplois le plus fertile en France) permis grâce au développement de l’agro. 

La part des ouvriers non qualifiés dans certains types d’industries, Industrie de process par exemple (= transformation de la matière première dans l’agroalimentaire) est ainsi 2 fois plus forte en Bretagne que dans le reste de la France.

 

6. Centre Val de Loire

C’est la région qui est la plus stable en 2022 en termes de recrutements. En revanche, grâce à la (triste) bonne dynamique instaurée par la situation sanitaire, le secteur de la santé et de l’industrie pharmaceutique est très fructueux d'emplois.

C’est l’une des régions où sont implantés les principaux acteurs, biotechnologies et PME du pays. 

Cette lancée infuse donc une demande ciblée dans la région du Centre, celle de l’Occitanie et du Rhône-Alpes.

Quelques emplois sont recherchés dans cet optique : Techniciens biologie, qualité et affaires réglementaires, maintenance biomédicale ou encore Ingénieurs R&D afin de relever les défis de demain, notamment essais cliniques, fabrication de vaccins et re-localisations. 

 

  • 7. Hauts-de-France

La région est assujetie par des recrutements dans l’industrie et le tertiaire marchand principalement.

La recherche se concentre surtout autour de sa métropole lilloise fortement concernée par une offre d'emplois cadres.

Et en tant que 2e région exportatrice de produits agroalimentaires de France (derrière Grand Est), il est aussi à prévoir des recrutements dans le secteur agro comme dans le Centre. 

 

  • 8. Pays de la Loire 

Dans cette région, une baisse considérable des demandeurs d'emplois (-20%) a été constatée en plus d'un an et met du baume au coeur à l'économie territoriale.  Les nouvelles offres d'emplois représentent une hausse de +47% notamment à La Roche-sur-Ion. 

De nouvelles structures industrielles sont en production (ex : des chaudronneries dans le bassin nazairien) les "métiers en tension" recherchés notamment en industrie répondent à un besoin territorial. 

 

9. Normandie

L’emploi reste stable depuis l’an dernier en Normandie avec un progrès de 0,5%.

 

10. Provence Alpes-Côte d'Azur

En Provence Alpes-Côte d’Azur, les métiers les plus représentés sont ceux dans la fonction publique et ceux liés au tourisme : tels l’armée, la police, les pompiers ou encore les métiers de l’hôtellerie-restauration.

En 2022, on table sur un recrutement important de commis de cuisine par exemple répondant à une forte demande, suivie par la Nouvelle-Aquitaine, l’Auvergne Rhône-Alpes, l’Ile-de-France et la Normandie. 

 

11. Auvergne-Rhône-Alpe 

La région Auvergne-Rhône-Alpe est caractérisée par une dynamique importante de recrutement en 2022. 

Le secteur de l’hôtellerie-restauration actuellement pénurique a été très fortement touché par la crise sanitaire et les départs qui s’en sont suivis. La baisse constatée sur tout les territoires est de plus de 20% entre 2020 et 2021. 

On planifie donc une offre importante notamment pour ce qui concerne les régions liées au tourisme : IDF, PACA, Nouvelle Aquitaine et Auvergne Rhône Alpes… 

Enfin, l’Auvergne est la région qui recrute le plus de magasiniers en logistique. Un métier très recherché pour assurer toute la chaîne de valeurs, dans une unité de production, ou comme spécialistes de la distribution.

 

12. Nouvelle Aquitaine

En Nouvelle-Aquitaine, les métiers agricoles et de service à la personne (comme les aides à domicile) seront les plus représentés et les plus recherchés. À hauteur nationale, c'est ce dernier secteur où le besoin est le plus important pour s'adapter aux évolutions. 

Malgré les difficultés sociales-démographiques, l’aéronautique semble aussi avoir bien résisté à la crise. Entre le climat géopolitique et échanges marchands et touristiques, l’Aquitaine semble être une plaque tournante de ce vivier d’emplois.

L’INSEE anticipe un recrutement de profils techniques : méthodes, qualité, essais, pour répondre aux nombreuses commandes.

Au-delà de la création de nouveaux postes, la Nouvelle Aquitaine est celle qui prévoit le plus important recrutement d’experts-comptables, selon Pôle Emploi, pour accompagner des structures en croissance. 

C’est un métier de conseil aux entreprises et aux particuliers, qui apporte un support dans la gestion juridique, administrative ou financière de l’entité. 

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Conclusion

En 2022, on peut s'attendre à 270 000 emplois supplémentaires créés en dehors de l’Ile-de-France et si on y ajoute les emplois non salariés, les contrats en intérim, ce taux pourrait bien dépasser de 387.000 son niveau de fin 2019 à l'été 2022 !  Un chiffre d’après-crise qui a de quoi donner bon espoir à l’économie

Enfin, la différence entre offre et demande d’emploi repose aussi sur le critère de mobilité géographique. Elle est inégale selon les métiers, les âges et les régions. Par exemple, 16% des actifs de moins de 30 ans habitaient une autre région cinq ans auparavant contre 3% pour les plus de 50 ans, selon un recensement de l’INSEE.

Aussi, le télétravail étant devenu une nouvelle norme, aujourd'hui,  2/3 des décisionnaires RH sont prêts à faciliter le télétravail pour ceux qui souhaitent vivre dans une région différente de celle de leur lieu de travail (étude IFOP).

Ce qui pourrait avoir pour conséquence de délocaliser les emplois dans tout le pays et de rebousculer les cartes. 

 

Sources

Données INSEE, études en co-production avec l'Acoss (champ hors intérim) et la Dares (sur l’intérim) et site de Pôle Emploi. 

Étude janvier 2022 : “Estimations trimestrielles d'emploi salarié au 3ᵉ trimestre 2021 et évolutions par grand secteur d'activité : comparaisons régionales”

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