Depuis le début de la crise sanitaire, le marché de l’intérim affiche une perte de près de 75% de ses emplois soit l’équivalent de 557 000 emplois en équivalent temps plein. Certains secteurs sont particulièrement touchés, comme l’hôtellerie et la restauration, alors que d’autres domaines font face à une forte croissance de besoins, tels que la logistique ou la grande distribution. Plusieurs dizaines de talents prennent le risque de s’exposer au virus pour continuer d’assurer leurs missions d’intérim. Quelles sont leurs motivations pour aller travailler en temps de crise ?

 

La préoccupation de s'assurer un futur matériel stable.

Beaucoup d’intérimaires nous rapportent que les missions ou les postes proposés par Pôle Emploi paient moins bien que celles qu’ils effectuent avec les différentes agences d’intérim. Et les missions se faisant plus rares, ils préfèrent miser sur celles pouvant assurer leur sécurité financière jusqu’à la fin du mois.

Parmi les 40-50 ans, ce sont les retraites qui préoccupent le plus. Les talents enchaînent le plus de missions possibles afin de ne pas avoir de trous dans leur période d’activité. Ils veulent s’assurer une retraite confortable l’heure venue, en travaillant le plus possible. La perspective d’une retraite dénuée de préoccupations financières surpasse donc la peur de contracter le virus, et pousse de nombreuses personnes à continuer d’assurer leurs missions.

D’autres personnes trouvent leur motivation d’une toute autre façon. Avant la propagation du virus et l’annoncement du confinement général, elles avaient eu le droit à une promesse d’embauche. Elles avaient postulé dans une nouvelle entreprise ou devaient être retenues alors que leur période d’essai touchait à sa fin. Face à la crise économique, les entreprises ont rompu de nombreuses promesses d’embauche, mettant fin aux périodes d’essai immédiatement.

Ces personnes se tournent aujourd’hui vers l’intérim, en attendant que les entreprises réouvrent leurs phases d’embauche. Se retrouvant sans emploi et sans perspectives, ils doivent à présent trouver une solution pour payer les factures qui s’accumulent. Bon nombre d’entre eux acceptent même des missions largement moins bien payées que leur métier habituel.

Les intérimaires ne sont pas totalement rassurés pour autant, même si des mesures de sécurité sont mises en place, il est fréquent qu’ils croisent d’autres travailleurs à moins d’un mètre. Mais tous ces motifs légitimes leur donnent tout de même le courage de continuer. Des motifs d’ordre plus personnel ou social interviennent également afin de motiver les talents à se rendre en mission malgré les risques liés au virus.

Travailler redonne aux intérimaires un semblant de routine et de vie sociale sain en cette période d’isolement

Le trafic en temps normal double, voire triple la durée de trajet entre le domicile et le lieu de travail. Les intérimaires actuellement en mission surprennent parfois par leur positivité, en évoquant un trajet beaucoup plus agréable que la normale. Le trafic quasiment inexistant est presque surnaturel sur des zones comme Paris et ses alentours. Les travailleurs apprécient donc de pouvoir se déplacer rapidement.

Arrivés sur place, ils peuvent également échanger avec leurs collègues ou leurs responsables. Beaucoup d’intérimaires vivent seuls et ils apprécient de pouvoir échanger sur leurs doutes, leurs inquiétudes ou faire quelques blagues avec les autres. Le travail est un aspect indispensable à la routine de chacun, cela crée donc un sentiment de sécurité de pouvoir garder un élément de son quotidien.

Ils rapportent également que cela leur permet de bouger, de se dépenser et de s’aérer l’esprit. La quarantaine rend parfois la cohabitation difficile dans les foyers nombreux. Les plus jeunes d’entre eux veulent parfois simplement s’échapper quelques heures, et travailler est le seul motif légitime leur permettant cela. De plus, beaucoup d’intérimaires tissent des liens d’amitié au fil des missions et sont heureux de se retrouver sur leur lieu de travail.

L’enfermement favorise énormément le sentiment de solitude et l’ennui de tous. Se rendre au travail permet alors d’avoir une activité physique, mais également de se déposséder momentanément de ses devoirs parentaux assez lourds dans ces conditions. Il n’est pas toujours aisé pour les jeunes parents d’être tout le temps bloqués chez eux. Ils manquent rapidement de revenus pour continuer à assurer les besoins de leur enfant en bas âge, et les disputes se déclenchent plus souvent dues à la fatigue et au stress.

Il est donc impératif, presque vital à ces travailleurs de continuer à se rendre en mission malgré les conditions difficiles et les exigences croissantes des entreprises. Nous retiendrons surtout que cela crée avant tout un sentiment de solidarité et de sécurité, liant ces intérimaires s’exposant courageusement au virus.

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